Soudain, on a le coeur en flammes, la tête à l'envers, un vide au creux du ventre. On vit en apesanteur, on a le coeur qui tremble.
Soudain, vous avez du sang neuf, un coeur nouveau, les idées plus très claires. Vous ne respirez plus que par lui. Vous avez faim de sa peau, de ses lèvres, de son odeur. Désormais c'est lui qui a les clés. De la porte du paradis. De celle des enfers.
Sans lui vous n'êtes qu'attente. Parce qu'il vous fait vivre vite, parce qu'il vous fait vivre fort. Vous vous enivrez de cette complémentarité qui devient dépendance.
Dehors c'est le chaos, le froid, l'invasion de l'Afghanistan, la guerre. Mais vous ne vivez plus dans ce monde. Vous avez crée votre propre sanctuaire, un royaume douillet qui ne compte que deux habitants.
Tout est partage et abandon. Ma tête posée sur son épaule. Nos cheveux enmêlés. La musique sourde du sang dans ses veines. Les cognements de son coeur qui se mélangent aux miens.
Est-ce l'amour qui rend idiot, ou n'y a-t-il que les crétins pour tomber amoureux?
Le soir, seule dans mon lit, je déploie un écran gigantesque. Dans ce cinéma de mes rêves où je suis la seule spectatrice, je me projette à l'infini la scène de nos retrouvailles.